24 juin 2008

Maman, connasse.

Image17Elle m'a toisé, elle a croisé mon regard indifférent, mes yeux qui lui disaient calmement qu'ils n'en avaient rien à foutre d'elle et elle s'est mise à hurler. Là comme ça, dans la cuisine, avec la porte ouverte sur la rue.
Elle m'a traitée de merde, elle a cherché à m'humilier, à me rabaisser, mais chaque fois qu'elle me regardait à nouveau elle ne trouvait pas ce qu'elle cherchait : de la honte, de la colère, un quelconque intérêt. Je me suis levée et je suis partie. Sans un mot. La laissant sur un terrain vierge de toute lutte. Je sais qu'elle s'en veut. Cette pensée me remplit de plaisir.

Non pas qu'elle n'ait aucune sorte d'intérêt à mes yeux. Non pas que je ne l'aime pas. Pour être honnête (soyons-le pour une fois), oui je l'aime, mais à ma manière. Je l'aime sans mots et sans caresses. Je l'aime en silence et sans contact. Je l'aime pour ce qu'elle est, celle qui m'a mise au monde. Et je la hais pour le même motif. Son caractère m'horripile, ses constations plates m'hérissent et sa façon d'être parfois impersonnelle me révolte. Mais je n'y peux rien, je l'aime, c'est ma force, je l'aime, c'est ma faiblesse.

Chaque dispute nous épuise et ronge un peu plus le fil de notre relation. J'aimerais tant un peu de repos. Un peu de facilité dans la communication. J'aimerais tant fermer les yeux et effacer ce pli amer de ma bouche.

Maman, tu le sais, tu es mon seul chagrin d'amour.
Et elle a ri.

Posté par Mlle May à 22:35 - - Permalien [#]